Ville fantôme

Ville fantôme

Martine Neddam

Moi, Mouchette, personnage virtuel en ligne, auteur et oeuvre tout à la fois, j’ai une drôle de manière d’écrire car j’ai trouvé un procédé pour produire du texte: je me pose une question et ce sont les internautes de passage qui y répondent pour moi. Certaines des oeuvres en ligne que j’ai créees, je les appelle des “générateurs de texte”, tant elles produisent de réactions. “Comment peut-on écrire quand on est mort?” C’est la question que je pose à l’issue d’un petit scénario interactif où la mouche que je suis se lamente d’avoir été tuée d’une coup de clic de souris. Dix ans après la mise en ligne de cette oeuvre toujours active (Berceuse pour une mouche morte) et 5314 réponses plus tard la question concernant la mort et l’écriture semble moins innocente qu’il n’y parait: interrogation métaphysique ou théorie de la communication? Analyse critique des medias numériques ou étude littéraire de l’écriture en ligne? Que voulais-je donc savoir en posant cette question? En selectionnant à l’aide d’outils numériques dans ma base de données j’ai rassemblé ces réponses que j’ai mises en scène dans une nouvelle oeuvre, une petite pièce de théatre jouée par des icones de personnages virtuels: la Mouchette de Bresson, Curt Cobain, ou un ange. Visionnée sur un écran plat accroché au mur entre deux tableaux dans un musée, (c’est ainsi que j’aime imaginer l’existence publique de cette oeuvre), ce serait le portrait d’un personnage né dans le roman chez Bernanos, incarné à l’écran dans un film de Bresson, qui se transforme en artiste créant son propre site web et grâce à la participation des internautes parvient à écrire quand il est mort. Le site web de Mouchette : http://mouchette.org Berceuse pour une mouche morte: http://mouchette.org/fly/indexf.html (xxxxx) Martine Neddam http://neddam.org

Martine Neddam

Martine Neddam (Mouchette) est une artiste qui utilise le langage comme matière première.

Les actes de langage, les modes d’adresse, la parole dans l’espace public, telles sont les thématiques qui alimentent son oeuvre dès l’origine. À partir de1988, elle expose des objets porteurs de textes (bannières, plaques gravées, ombres sur le mur) dans des galeries et des musées. Elle a aussi réalisé de nombreuses commandes publiques dans plusieurs pays d’Europe: Pays-Bas, Grande-Bretagne, France.

Depuis 1996, elle crée sur Internet des personnages virtuels qui mènent leur existence autonome d’artistes, sans jamais qu’elle ne se manifeste comme leur auteure.

Mouchette, site crée en 1996 et toujours actif à ce jour, est une jeune fille de 13 ans qui expose ses fantasmes et ses idées noires en sollicitant constamment la participation des visiteurs. Personnage-culte, elle propose depuis 2002 le partage de son identité avec les visiteurs dans Le network de Mouchette.

En 2001, Martine Neddam crée David Still, qui offre son identité et l’usage de son compte courriel aux internautes de passage.

En 2006, elle crée XiaoQian, artiste chinoise, elle-même créatrice de personnages virtuels.

Depuis 2008, elle travaille à la création d’un nouveau logiciel en ligne qui permet la création de personnages virtuels. Elle donne des worshops à l'aide de ce logiciel, notamment à Shanghai en 2009 et à Aruba dans les Antilles néerlandaises en 2010.

Martine Neddam est aussi professeure. Elle enseigne à la Rietveld Academie d’Amsterdam (où elle vit depuis 1994) et, de temps en temps, à l’École des arts visuels et médiatique de l’UQAM.

Site de l'artiste
Mouchette
Le network de Mouchette
David Still
XiaoQian
Virtual Person

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