La dérive de l'affect

La dérive de l'affect

Myriam Lambert

Je propose de porter un regard particulier sur certains lieux porteurs de mémoire constituant d’importants repères culturels. Je souhaite ainsi questionner les spectateurs sur l’importance qu’ont les lieux de mémoire sur leur identité.


Pour y arriver, je mets en perspective des expériences communes d’un lieu et les transpose en présence d’œuvres d’art questionnant notre rapport à ce lieu. Je questionne également les multiples variantes de la mémoire : collective, individuelle, à court et à long terme, auditive, visuelle, olfactive et tactile.  Je m’intéresse aussi aux transformations que cette mémoire peut subir. J’explore principalement le thème de l’identité par le biais d’interventions photographiques ou installatives, par l’art action, l’art sonore… Chaque fois, j’utilise  le médium le plus approprié pour la réalisation d’une empreinte identitaire, et ce, à même les lieux de mémoire. Afin de m’imprégner de ces lieux, il me faut aussi échanger avec leurs habitants. Ce sont eux qui me dictent le contenu de l’œuvre, la mémoire du lieu et, par la force des choses, leur identité.


Telle une dérive situationniste, j’erre d’un lieu à l’autre, d’un pays à l’autre, captant les affects, afin de construire peu à peu la mémoire de ces lieux. Les mots que disent ces endroits sont absorbés lors de la création de mon œuvre. Il arrive même que je subisse ces lieux. Chaque fois, je les vis, je les habite, je les reconstruis. Il s’agit d’une dérive psychogéographique / sociogéographique qui, d’un lieu de mémoire à l’autre, construit une identité et une histoire.

Myriam Lambert

Myriam Lambert est titulaire d’un baccalauréat en arts visuels de l’Université Laval (2006) et elle est sur le point de terminer une maîtrise dans le même domaine.


Depuis 2003, elle explore principalement le thème de l’identité par le biais d’interventions dans des lieux de mémoire. Celles-ci prennent la forme de photographies, d’installations, d’art action, d’art sonore… Chacune de ses œuvres a été réalisée en rapport à l’identité des lieux de mémoire. Ainsi, celles qui découlent de résidences d’artiste ont notamment été présentées dans les camps de concentration de la dernière dictature en Argentine, dans d’ex-pénitenciers au Costa Rica, dans un bureau de vote au Mexique, sur le parvis ou à l’intérieur d’églises au Québec, dans un parc à résidus miniers à Rouyn-Noranda.


Myriam Lambert siège actuellement sur le conseil d’administration de VU, centre de diffusion et de production de la photographie. Elle a cofondé EXMURO ARTS PUBLICS, un organisme de diffusion des arts et de la littérature dans l’espace public. En 2010, elle a été récipiendaire d'une bourse de recherche et création du Conseil des Arts du Canada, d'une bourse du programme Première Ovation ainsi que d'une bourse de maîtrise du Conseil de Recherche en Sciences Humaines du Canada pour sa maîtrise en arts visuels à l'Université Laval. Elle a également été lauréate dans le cadre du volet régional du Concours québécois en entrepreneuriat pour l’élaboration d’une exposition en 2003. Elle a reçu la bourse entrepreneuriale Hydro-Québec, volet artistes, en 2007, ainsi qu’une bourse du Conseil des arts et de lettres du Québec en 2008. Elle vit et travaille à Québec.

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